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25 oct. 2016

L'oeil du photographe #20 - Elisabeth Jacinto

Elisabeth Jacinto a accepté d’être le sujet de "L'Oeil Du Photographe"de ce mois-ci. Cette série d’articles associe une exposition virtuelle et une interview d'un photographe de la communauté G+Photographie.

Elisabeth, peux-tu nous faire un bref résumé de ton parcours photographique ?
Petite, j’accompagnais mon père lorsqu'il partait développer les photographies et j’aimais tout particulièrement ces instants-là. Je passais aussi pas mal de temps à regarder les albums de famille dans lesquels je contemplais leurs anciens clichés en noir et blanc. J’affectionnais particulièrement ces moments-là, car cela me menait dans une époque que je n’avais pas connue, mais que je découvrais avec bonheur. Je pouvais mettre des visages sur des personnes que je n’avais pas rencontrées réellement, mais dont j’avais beaucoup entendu parler. Ces photos laissaient une trace, un passage, une émotion.
Pour moi, les images sont importantes car elles représentent un souvenir du temps qui passe. Au fil des années, j’ai voulu pratiquer la photographie. Et, en éternelle rêveuse, je m’imaginais faire de jolies choses dans un lointain avenir. A l’adolescence, j’utilisais beaucoup d’appareils photo jetables. L’effet de surprise au développement était source de satisfaction ou de déception (*rire), mais l’idée me plaisait bien. Puis, je me suis de plus en plus intéressée, j’avais envie de quelque chose de plus concret. Et en 2008, j’ai passé le cap du numérique avec un compact Lumix qui me suivait partout. J’étais surtout attirée par les paysages et les fleurs.

Ensuite, le rêve d’avoir un réflex un jour, afin d’approfondir mes idées, est né. C’est en 2013, que le petit Nikon D3100 est venu m'accompagner. Il m’a permis de passer de la simple photographie de paysages à divers détails de la vie quotidienne. D'autres opportunités se sont alors ouvertes à moi, comme le fait d’avoir la possibilité de me familiariser avec de nouvelles options et de mieux gérer la prise de vue. Et surtout, de pouvoir beaucoup plus m’amuser en fin de compte.
En parcourant l’ensemble des photos que tu as postées sur la communauté, on s’aperçoit que tu traites dorénavant beaucoup de tes photos en N/B. Pourquoi ce choix ?
Depuis que je suis sur G+photographie, mon regard a changé. La photographie étant un exutoire pour moi, le fait d’avoir traversé des épreuves difficiles a beaucoup participé à ce changement. J’observe beaucoup le travail des autres photographes et les conseils de certains m’ont permis peu à peu de trouver ma voie. Le noir et blanc fut donc une révélation à ces périodes-là. Ces nuances d’ombres et de lumières me correspondent et me permettent d’exprimer ce que je ressens. C’est un monde où je me sens à l’aise. Ce choix s’est donc fait naturellement, sans que je ne m’en rende vraiment compte.

Tu sembles vouloir donner un sens très personnel à tes images, reflètent-elles à chaque fois un état d’esprit particulier ? Sont-elles le reflet d’Elisabeth ?
Je photographie à l’instinct, mais c’est surtout au niveau du traitement que je me révèle le plus. Souvent malgré moi, je vais transmettre des émotions, qu’elles soient joyeuses ou plus mélancoliques. A travers les images, je pense qu’effectivement, on peut dire que je montre qui je suis et sur certaines, il y a même une histoire. Mais cela ne veut pas dire pour autant que je sois toujours triste ou autre. C’est avant tout une passion qui permet de libérer une petite partie de moi et de partager ma vision des choses.

Ta créativité personnelle est-elle inspirée par le travail d’autres artistes, si oui, lesquels. Et à quoi aspires-tu ?
Je suis surtout inspirée par les univers de certains artistes. J’aime en découvrir plein de différents. Je pense que c’est quelque chose de positif d'être curieux, de regarder le travail d’autrui. Et même si ce n’est pas mon domaine de prédilection, je pense que cela peut être une source d’inspiration malgré tout.
L’univers de Tim Burton m’inspire, par exemple, car il a un monde bien à lui. Ce qui me plaît, c’est l’ambiance qu’il arrive à transmettre, tantôt sombre, tantôt envahie de couleurs. Ce sont toujours des personnages très atypiques et des histoires touchantes dans un monde qui aurait pu sortir de mon imaginaire. L'originalité, ce petit quelque chose qui fait que le photographe (ou tout autre artiste d'ailleurs) est à part, tout en assumant son identité et en prenant plaisir à le montrer, c'est ce à quoi j'aspire.  
Peux-tu nous en dire plus sur ton matériel et ta façon de post-traiter tes images. As-tu un flux de travail particulier ?
Pour ce qui est du matériel, je ne possède que le Nikon et pour seul objectif, le 18-105 mm. C’est le strict minimum, mais cela me suffit, pour l’instant. Bien que mon rêve reste l’acquisition d’un objectif macro, j’essaie de faire au mieux afin de mettre en pratique les idées que j’ai en tête. Mais pour être honnête, ne pas pouvoir prendre les photographies de détails comme j’aimerais est assez frustrant (*rire).
Pour ce qui est du traitement, là encore, je fais à l’instinct et selon mon humeur. Je n’utilise pas de logiciel spécifique pour le moment, mais simplement l’application de modifications sur Google+. Je m’amuse avec plusieurs filtres en tous genres avant de passer en noir et blanc. Parfois, je vais beaucoup plus prononcer les zones sombres afin d’obtenir un joli noir profond et d’autres fois, c’est la lumière qui sera plus accentuée. Tout dépendra de mon sujet et de mon petit message à transmettre.
L'obstination est le chemin de la réussite
Pour terminer, j’aimerais remercier tous ceux qui me soutiennent depuis le début. Merci pour vos conseils précieux qui m’ont permis d’évoluer et surtout d’oser montrer mon monde. Je suis heureuse de faire partie de cette communauté car elle est pleine de dynamisme et de richesses photographiques. Continuez encore et toujours de partager car c’est une très belle passion que nous avons en commun.
Merci à toi Elisabeth, de t'être livrée à nous...

Vous pouvez poursuivre cette balade dans l'univers d'Elisabeth sur :

                                                                                  Interview réalisée par : Evelyne Zeltner et Michel Vervoort - octobre 2016