L'oeil du photographe #15 - Femto

Femto a accepté d’être le sujet de "L'Oeil Du Photographe"de ce mois-ci. Cette série d’articles associe une exposition virtuelle et une interview d'un photographe de la communauté G+Photographie. 


Après avoir touché un peu à tout en photo, tu te lances aujourd'hui dans la photo de concert. Comment en es-tu arrivé là ?
J’ai commencé en septembre 2014 avec un petit compact expert, le Sony Cybershot DSC- RX 100. A l’époque, je voulais simplement me trouver un petit appareil assez performant en faible luminosité pour ramener quelques souvenirs de concerts, notamment pour celui du groupe Arch Enemy qui figure dans mes groupes fétiches. Mais je n’envisageais pas spécialement de me lancer véritablement dans la photographie.

La passion s’est affirmée au fur et à mesure que j’apprenais à me servir de l’appareil. J’ai eu une sorte de révélation en me servant de celui-ci lors du fameux concert tant attendu. Le fait de pouvoir capter l’intensité qui se dégage dans ce type de représentation, et ce genre de musique ( metal ) ainsi que l’esthétique générale m’a totalement charmé. Je me suis fait la main pendant plusieurs mois avec ce compact, en apprenant les bases de la photographie au fil du Net et en grande partie sur G+ Photographie.
En Juin 2015 j’ai décidé de passer au Reflex. En novembre, après avoir eu une petite discussion avec Emilie Garcin, une photographe de concert que j’admire, je me suis dit que c’était enfin le moment de me lancer dans cette aventure.
Y a-t-il une technique particulière pour les photos de concert, savoir gérer les lumières, notamment, ne doit pas être évident ? Quelles sont les contraintes ? 
J’ai souvent entendu ou lu que la photographie de concert est le plus difficile genre qui soit. Pour ma part c’est ce que j’ai expérimenté de plus ardu effectivement. Mais l’aspect challenge n’est pas pour me déplaire ! D’un point de vue technique, je dirais qu’il faut d’abord bien connaître son matériel et ses limites, pour pouvoir adapter au mieux ses réglages le plus rapidement possible en fonction de la situation. Rapidement, car il faut sans cesse “traquer” la lumière fugace. L’éclairage évolue tout le temps et souvent, s’éteint sans prévenir. La luminosité étant souvent faible, il faut pouvoir adapter son temps de pose en fonction de la vitesse de mouvement des musiciens, tout en essayant de garder une sensibilité ISO la plus basse possible. Maîtriser le bruit et la vitesse d’obturation pour conserver une belle qualité d’image et essayer d’éviter le flou (sauf si c’est voulu bien sûr).
Pour composer, il faut avoir un bon instinct car on ne dirige pas son sujet, mais on le suit et on s’adapte en permanence à lui. Ceci dit, je sais que pas mal de photographes de concert visualisent des lives de groupes avant d’aller les voir, pour assimiler leur jeu de scène et repérer des moments clés. Je ne l’ai pas encore fait mais j’y songe parfois.

Bien sûr le placement au pied de la scène est le meilleur, mais il faut rester vigilant vis à vis de l’agitation ambiante, car il n’est pas rare de se prendre un slameur sur le coin de la figure !
Avec la photo de concert, on est soumis inévitablement au problème de l’accréditation. La difficulté pour en avoir une, peut beaucoup varier selon la renommée du groupe. L’idéal est de commencer par des groupes locaux qui ne poseront aucun problème pour vous laisser les photographier. Au contraire ils seront ravis que vous puissiez les aider à faire leur promotion.
Un bon départ pour se constituer des relations dans ce milieu et un portfolio. Il servira par la suite, dans la mesure où vous allez devoir présenter votre travail aux groupes que vous visez ou leurs managers, voire d’autres personnes clés pour se procurer ces accréditations. Se faire recruter par un Webzine ou d’autres revues de presse selon ce qu’on vise est également un très bon moyen pour avoir plus facilement le sésame. Pour y avoir songé au début, j’ai préféré tenter de les obtenir par mes propres moyens, car je tiens à rester indépendant.
Tu apportes un soin très particulier au Post-Traitement ? Est-ce un élément incontournable pour toi ? 
Oui, je passe beaucoup de temps en post-traitement effectivement. C’est un élément primordial pour moi, car avec lui je vais donner tout l’éclat à la photo, essayer de sublimer au mieux l’émotion et l’instant qui ont été immortalisés sur ma carte SD. Impossible de faire une photo sans passer par cette étape !
C’est encore plus vrai en photo de concert où je suis quasiment tout le temps confronté au bruit numérique sur l’image. Même si parfois il m’arrive de ne pas changer grand chose par rapport au RAW source, je cherche toujours à améliorer, peaufiner son rendu et lui donner une touche personnelle. Par contre il ne faut pas se leurrer, si la photo est ratée lors de la prise, elle le restera après post-traitement.

Quels sont tes influences, tes coups de cœur photographiques ?
Dans la photographie de concert il y a énormément de photographes dont j’aime le travail et il m’est difficile de tous les énumérer. Et j’en découvre chaque jour ou presque ! J’aime beaucoup le travail d’Emilie Garcin que j’ai déjà citée, mais aussi Tim Tronckoe, très célèbre dans le monde du metal, Robin Looy, Henri Käck
Malgré tout, il est difficile pour moi de dire que tel ou tel photographe m'a influencé. Étrangement, ce n'est pas en regardant le travail des autres mais en pratiquant, que je me suis affirmé. En fait, je peux être admiratif face au travail de nombreux photographes et peu importe leur notoriété. Ce que j’aime avant tout c’est leur façon de se démarquer en offrant des photos qui me procurent des émotions. Je peux même le retrouver dans la communauté G+ Photographie.
J’ai un faible pour la photographie qui met en avant des registres sombres, voire psychologiques. Mon coup de coeur du moment est une photographe que je suis depuis quelques temps sur DeviantArt, dont l’univers est vraiment à part. Elle s’appelle Natalia Drepina, je vous invite à la découvrir !

Un plus sur tes goûts en général, tes "j'aime/j'aime pas"
J’aime: La bière. L’honnêteté. Le respect. La bonne bouffe. Faire la grasse matinée. Les chats. La japanimation / culture manga.
Autant dire que je me contente de pas grand chose… (*rire)
J’aime pas : L’hypocrisie. Me prendre la tête. Les files d’attentes. Les gens qui se croient au dessus des autres. Les caniches. …
Bon désolé, je me sens un peu nul pour ce genre de questions...

Merci Femto d'avoir joué le jeu des questions réponses. Vous pouvez poursuivre cette balade dans l'univers de Femto, sur :

Interview réalisée par : Evelyne Zeltner et Eric Gindre - Février 2016