L'oeil du photographe #14 - Isabelle Gloaguen-Le Han

Isabelle Gloaguen-Le Han a accepté d’être le sujet de "L'Oeil Du Photographe"de ce mois-ci. Cette série d’articles associe une exposition virtuelle et une interview d'un photographe de la communauté G+Photographie. 




Comment la photo est-elle entrée dans ta vie, donne nous le top 3 des artistes qui t'inspirent ?
J'ai toujours été comme envoûtée par les belles images. Gamine, je me nourrissais des magazines de reportages photographiques, je voyageais à travers leurs clichés, j'en prenais plein les yeux et sans doute rêvais-je en secret de faire de belles photos un jour moi aussi... Mon premier compact était un petit Minolta, je l'emportais partout, tout particulièrement lorsque je partais en mer avec mon père. Je photographiais à l’instinct, avec mes yeux d’enfants.
Ce n’est qu’en 2000, à la fin de mes études, que j'ai investi dans mon premier reflex et que j'ai commencé à photographier autrement, en posant davantage mon regard à la recherche de détails, de moments de vie mais aussi de l'inattendu. Il m’a accompagné dans pas mal d’endroits, en France et à l’étranger, et au retour c’était à chaque fois un plaisir indescriptible de découvrir ce qui en ressortait…
Quelques années plus tard, je suis passée au numérique, avec pas mal d'appréhension et d'a priori qui n'étaient pas fondés. Depuis, je m'intéresse davantage à la technique, j'essaye de sortir de mes zones de confort, avec plus ou moins de succès mais toujours autant de plaisir ! Je ne sais pas s'ils m'ont inspirée mais en tous cas ils m'ont marquée : Anita Conti pour son engagement et le symbole qu’elle représentait, Yann Arthus-Bertrand car il m’a fait voyager, Steve McCurry pour ses portraits poignants.

Quel a été le fil conducteur pour le choix du port-folio que tu nous proposes ?
J'ai assez naturellement choisi des clichés qui illustrent les deux domaines photographiques qui m'inspirent le plus aujourd'hui : la macro et l'enfance.
La macro car amoureuse de la nature depuis toujours, je ne me lasse pas de m'allonger dans l'herbe et d'observer, de chercher, d'attendre le bon moment pour déclencher... c'est une excellente façon de tester sa patience ! C'est également la macro qui m'a aidée à mieux comprendre la technique, à tenter de l'apprivoiser et, on ne va pas se mentir, la technique, ce n'est pas ma tasse de thé… Autre aspect que j’apprécie dans la macrophotographie : les modèles ne sont jamais complexés !
L'enfance car les enfants sont des modèles merveilleux, ils sont spontanés et naïfs face à l'objectif, ils sont imprévisibles aussi ! au service des moments simples que je recherche à saisir la plupart du temps. Mes enfants ont bien sur été mes premiers modèles dans ce domaine et je pense d’ailleurs que, si je n’étais pas maman, je ne porterais pas le même regard photographique sur les enfants. Je crois que, plus généralement, le regard de chaque photographe est empreint de son vécu.

Pour tes portraits, préfères-tu la lumière naturelle ou l'artificielle, quel serait le shooting de tes rêves ?
Sans hésiter, la lumière naturelle ! Sans doute car elle me semble (peut être à tort !?) donner davantage de possibilités, les lumières étant tellement changeantes au fil des saisons, en fonction du moment de la journée, des lieux... mais aussi parce que j'ai envie de me sentir libre d'aller avec mes modèles où bon me semble sans devoir traîner une valise derrière moi ! Mais comme je suis curieuse et que j’aime les nouvelles expériences, je serais ravie de m’initier à la photo studio, à bon entendeur !
Le shooting de mes rêves se déroulerait dans un paysage époustouflant, pourquoi pas en Antarctique où manchots et phoques seraient mes modèles... Pour une dimension humaine, je pourrais changer de pôle ! 

En plus de ton travail, tu as décidé de monter ta micro-entreprise. Sachant la montée en puissance de l'auto-entreprise en photographie, quelles sont tes ambitions, quel petit plus penses-tu apporter ?
Mon ambition est unique : continuer à prendre du plaisir et à en donner. C'est vrai, j'ai décidé tout récemment de prendre le statut d'auto-entrepreneur et de cumuler le métier de photographe avec mon activité principale, mais non l'inverse ! Ainsi, j'ai la prétention de croire que je ne tomberai jamais dans le travers de faire de la “photographie alimentaire” mais que je garderai l'envie de toujours photographier avec une réelle intention artistique. Partir en séance photo est pour moi un moment de respiration et d'évasion, un moment de pause dans mon quotidien. Le plaisir que j'y prends, je le partage ensuite, c'est tout ce qui compte aujourd'hui.

Pour un côté un peu plus perso et ludique en dehors de la photo, un “J’aime/j’aime pas”
J'aime : le café, l'océan, la pluie, le chocolat, les vêtements noirs, l'Ecosse, le carrot-cake, les Converse, l'humour à plusieurs degrés, le pain beurre, l'apnée, marcher pieds nus.
J'aime pas : l'hypocrisie, les choux de Bruxelles, les déchets par terre, la couleur jaune, les chips au vinaigre, les araignées, le thé vert, le retard, le camembert, le cirque, les montres, l'eau gazeuse.
Merci Isabelle d'avoir joué le jeu des questions réponses. Vous pouvez poursuivre cette balade dans l'univers d'Isabelle, sur :


Interview réalisée par : Evelyne Zeltner et Eric Gindre - Février 2016