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24 févr. 2015

L’œil du Photographe #5 - Herri Baron

Herri Baron a accepté d’être le sujet de "L'Oeil Du Photographe"de ce mois-ci. Cette série d’articles associe une exposition virtuelle et une interview d'un photographe de la communauté G+Photographie.



Herri, peux-tu nous expliquer le choix du travail présenté, ton parcours ainsi que tes influences photographiques ?
Je vous présente ici quelques thèmes variés puis une sélection de photos de spectacles équestres, qui sont depuis quelques temps, mon sujet de prédilection. J’aimerais faire plus de paysages, de portraits, plus de photos animalières mais c’est en ce moment dans le milieu du cheval que je trouve mon inspiration. C'est mon dada quoi ! ;)
J’ai acheté mon premier boîtier, un minolta 7000, à la fin des années 80 à la Fnac de Rennes (au deuxième déclic pour ceux qui l’ont connu). J’ai appris en pratiquant, et grâce aussi à un petit carnet sur lequel je notais mes réglages (mes exifs de l’époque). Puis il y a eu d’autres boîtiers, beaucoup de diapos, une expo sur l’Irlande…
Attiré par l’image en général, j’ai aussi fait à l’époque pas mal de pochoirs. Ma chambre d’étudiant empestait la peinture. J’ai rarement peint les murs rennais, mais plus étudié et adapté des photos récupérées dans les magazines pour qu’elles soient suffisamment contrastées.
J’ai délaissé un peu la photo de 1998 à 2007, happé par ma passion première qu’est l’équitation. L’entraînement de Gavroche, mon cheval, les épreuves en tant que participant ou organisateur, les championnats de France… ça laisse peu de temps !
Puis, forcé par l’arrivée du numérique, à changer de boîtier, j’ai fait l’achat d’un Sony Alpha 100. Cela a reboosté quelques temps mon désir photographique, mais je n’ai jamais trouvé le même rendu qu’avec les diapositives faites pendant des années, d’où une perte de motivation. Ayant progressivement abandonné la compétition équestre par la suite, et par conséquent ayant plus de temps libre, j’ai en 2012 choisi d’investir dans du plein format de qualité, sans regret maintenant, puisque j’ai retrouvé le plaisir que j’avais auparavant.
Pour ce qui est des photographes que j’admire, je citerais Sebastião Salgado, autodidacte passé par Sygma, Magnum et Gamma. Des mines de la Serra Pelada au récent livre Genesis, sa « lettre d’amour à la planète », son travail est d’une exceptionnelle qualité. Son regard sur l’homme et la Nature est, de plus, magnifiquement mis en valeur par un processus "hybride" argentique/numérique époustouflant.
Je citerai aussi Vincent Munier, photographe animalier. Regardez juste cette vidéo jusqu’au bout.

Tu fais partie d’un club de photographie, que t’apporte notre communauté de plus ou de différent ?
Depuis 2013, la communauté G+photo ainsi que le club photo de Quintin sont venus aider de façon complémentaire cette dynamique retrouvée. L’une par les échanges réguliers, les défis, les retours constructifs qu’elle apporte, l’autre par les thèmes que nous abordons pour nos sorties ou expos et la dynamique locale qu’il crée.

Le noir et blanc compose une bonne partie de ton portfolio. As-tu une prédilection pour ce traitement ?
Pour n’avoir jamais eu la possibilité d’installer un labo, j’ai fait très peu de noir et blanc par le passé. J’avais de toute façon pendant des années une préférence pour la couleur et en particulier pour la diapo velvia 50 au rendu exceptionnel. C’est très différent maintenant, avec les facilités que nous donnent les logiciels comme lightroom, les contraintes du développement en labo ont disparu (local dédié, temps passé, produits…).
Je choisis plus fréquemment ce traitement actuellement, il me convient de plus en plus pour la beauté que je lui trouve. Mes photos traitées noir et blanc de concerts ou de portraits ont souvent le même rendu, une image sans fard gardant l’essentiel : l’expression, l’attitude… pour cela pas besoin de couleur. Je dirais par ailleurs qu’il est inintéressant de faire du noir et blanc sans faire de post-traitement.
Je n’ai pas de recette particulière en post traitement et je n’utilise surtout aucun réglage pré-défini. Chaque photo est traitée sur lightroom individuellement, et instinctivement je dirais. Les outils pinceau, filtres, suppression des défauts, hautes lumières, ombres, blanc, noir, et clarté sont fréquemment utilisés. Un peu de réduction de bruit de luminance aussi lorsque je suis en ISO élevés.

Pourrais-tu détailler ton rapport entre photographie et équitation ? 
Etant Guide de Tourisme Équestre, cavalier de TREC (Technique de Randonnée Equestre de Compétition), j’ai toujours eu un attrait particulier dans ma pratique photo pour le genre équin. J’ai sans doute un regard différent, avisé et intéressé à la fois. Surtout, je me fais plaisir en figeant leurs belles attitudes.
Le spectacle équestre m’offre pour cela de très belles occasions à la fois faciles, car les artistes mettent en valeur leurs montures, mais souvent difficiles aussi par les conditions d’éclairage. Je suis passé par Rocamadour, Lamballe, Avignon,… les occasions se multiplient, les contacts aussi. Ils sont d’autant plus aisés que les artistes savent en général que je suis cavalier.

Merci Herri, d'avoir pris le temps de partager avec nous tes passions et tes techniques de traitement.

Vous pouvez poursuivre cette balade dans l’univers de Herri Baron sur :
Interview réalisée par  Evelyne Zeltner et Eric Gindre - février 2015