Photographier la Voie lactée

+Guillaume Doyen propose une synthèse de son article rédigé pour Astrospace. Les plus curieux pourront s'y reporter pour de plus amples explications.

Canon EOS 600D, 50mm, f/1.8, ISO 3200, 13s (traitement Lightroom)

La conquête de l'espace a toujours fait rêver. Notre système solaire est situé dans une galaxie en forme de spirale nommée Voie Lactée.

Alors comment photographier cette fameuse voie lactée ?




Les pré-requis

  • Le ciel doit être favorable, c’est à dire clair et dénudé de tout nuage. Un ciel balayé par une averse récente est idéal, car le particules fines éparpillées dans l'atmosphère sont chassées. Plus d’explications sur sat24
  • Évitez la pollution lumineuse qui peut être issue de lumières artificielles (éclairage publique…) ou de lumière naturelle (la lune). Consultez la carte de la pollution lumineuse en France
  • L'hiver est la période la plus favorable du point de vue de conditions d’observation, puisque l’atmosphère est froide et sèche. 
  • Si vous avez des difficultés à repérer la voie lactée, faites appel sur votre ordinateur à Stellarium ou sur votre tablette ou smartphone à Stellarium, google sky map...

 Le matériel 

Canon EOS 600D, 18mm, f/3.5, ISO 3200, 30s (traitement Lightroom)
  • Préférez un reflex au compact ou bridge, pour plusieurs raisons : paramétrable, globalement de meilleur qualité, avec la possibilité de shooter en RAW...
  • Le choix de l’objectif dépendra de ce que vous avez en stock. Choisissez l’objectif qui a le plus grand angle (focale courte) et le plus lumineux (grande ouverture). Le 50 mm f/1.8 de chez Canon sort du lot par son rapport qualité/prix imbattable. Pour un champ visuel plus large, le 14 mm f/2.8 de chez Samyang (ou Rokinon) reste abordable. Cela étant dit, l’objectif 18-55 mm f/3.5-5.6 monté de série suffira largement.
  • L’usage d’un trépied est obligatoire. Afin de gagner en stabilité, baissez-le au maximum et ajoutez une masse pour réduire le centre de gravité. 
  • Vous devrez utiliser le retardateur (2 ou 10 secondes) de votre APN ou encore plus pratique, un déclencheur souple ou un intervallomètre. 
  • Il existe d’autres équipements facultatifs pouvant améliorer la prise de vue : le filtre CLS (filtre anti-pollution) ou le capteur défiltré (traitement du capteur Reflex améliorant la sensibilté au proche infrarouge)... 

 La prise de vue 

Canon EOS 600D, 18mm, f/f3.5, ISO 1600, 20s (traitement Lightroom)
  • Assurez-vous d’avoir bien réglé et stabilisé votre appareil dans un endroit sec et dur. 
  • Shootez en RAW.
  • Faites la mise au point manuellement à l’infini. Il est inutile de se baser sur le repère à l’infini de votre objectif, car la mise au point ne sera jamais la même chaque soir puisque la température change les conditions de réfraction optique. Vous devez donc passer en mode live view (visée à l’écran) en augmentant votre temps d’exposition pour pouvoir discerner les étoiles à l’écran. Effectuez un zoom numérique sur une étoile très brillante et réglez la mise au point manuellement, de sorte à n’obtenir qu’un point brillant net. Ne touchez plus à votre focale ou bague de mise au point.
  • Concernant le temps d’exposition, je vous conseille de suivre la règle : Temps de pose maxi = 600 / focale en mm (en équivalent 24x36). Cela signifie qu’avec un objectif de 18 mm, les étoiles paraîtront nettes jusqu’à 33 secondes. Attention, pour obtenir un résultat où les étoiles deviennent des filés, reportez-vous au tutoriel sur la photographie circumpolaire
Empilement de 35 photos prises au Canon EOS 600D
50mm, f/1.8, ISO 3200, 35 x 13s (traitement DeepSkyStacker)
  • Une grande ouverture du diaphragme est primordiale, f/1.8 à f/3.5 sur les objectifs courants. En effet en astrophotographie, il est impératif de récolter un maximum de lumière. Cependant, à très grande ouverture la lumière se réfracte plus et des aberrations chromatiques apparaissent très nettement autour des étoiles. Si vous disposez d’un 50 mm f/1.8, choisissez une ouverture de f/2.0 ou f/2.2. Le choix de la longueur focale dépendra des objectifs que vous possédez. Pour la voie lactée, évitez d’aller au-delà des 85 mm. 
  • La sensibilité se situera aux alentours des 800 et 3200 ISO, 1600 ISO étant un bon compromis. Les appareils les plus performants pourront monter bien au delà. Par exemple, avec un canon EOS 600D (APS-C) : 
    • 18 mm de focale ; f/3.5 ; 25 secondes d’expo ; ISO 1600 
    • 50 mm de focale [fixe] ; f/1.8 ; 10 secondes d’expo ; ISO 1600 

Le traitement 

Canon EOS 600D, 18mm, f/3.5, ISO 1600
30s (traitement Lightroom)
  • Le traitement reste une étape essentielle pour améliorer le rendu de vos images. L’utilisation du format RAW vous facilitera la tâche. 
  • N’importe quels logiciels performants gratuits (RawTherapee, Gimp…) ou payants (Photoshop, Lightroom…) peuvent faire l’affaire. Voici quelques lignes directrices que vous pourrez suivre :
    • garder la correction d’exposition à 0 
    • augmenter le contraste jusqu’à 50 % maximum 
    • augmenter la clarté (ou netteté) jusqu’à 40 % maximum 
    • réduire le bruit de couleur (chrominance) 
    • réduire légèrement les tons clairs (pour corriger une éventuelle surexposition ou lumière extérieure parasite) 
    • décaler la balance des blancs vers le bleu pour une touche esthétique. 
  • Il existe une autre méthode pour réaliser des photos avec un bruit quasiment inexistant. Il s’agit d’un traitement d’empilement d’images avec le logiciel libre DeepSkyStacker. Reportez-vous à l’article intégral pour en connaître le détail.
Auteur : Guillamue Doyen - Décembre 2014