Cherchez, trouvez !

Trouvez rapidement une réponse pertinente à vos questions sur la photographie !

25 nov. 2014

L'oeil du Photographe #3 - Valérie Sangui

Valérie Sangui a accepté d’être le sujet de "L'Oeil Du Photographe"de novembre 2014. Cette série d’articles associe une exposition virtuelle et une interview d'un photographe de la communauté G+Photographie.



Valérie, tu as décidé de nous présenter une série sur la recherche graphique à travers les liquides et les couleurs, qu'est-ce qui a motivé ce choix ?
Il y a deux ans, en surfant sur le net, je suis tombée sur une photographie de collision de gouttes de Markus Reugels, j’étais complètement en admiration, je ne comprenais pas comment on pouvait arriver à ce genre de résultat et je me suis dit, « ça je veux faire ! » C’est là qu’a commencé ce qui est devenu mon activité favorite de la saison hivernale.
Je me suis rapidement rendu compte que les clichés que je cherchais à obtenir et que j’avais pu voir sur le net étaient réalisés grâce à des systèmes fort sophistiqués et très coûteux. Je me suis donc lancée le défi d’y arriver avec les moyens du bord.
Mes recherches sur les gouttes m’ont amené à faire d’autres essais comme les jeux de rebonds de peinture sur de la musique (Jack Long), les rencontres de liquides qui se mélangent (Alberto Seveso), les fumées, les jeux de lumières…
Pourrais-tu nous décrire sommairement la technique et le matériel employé pour la réalisation de ces clichés ?
Ma technique évolue un petit peu à chaque fois que je me mets à faire une séance photo, car entre deux séances je cherche le moyen d’améliorer les résultats obtenus.
J’ai commencé ma « quête » de la collision en utilisant des seringues, puis des systèmes d’arrosage automatique, puis des perfusions médicales, j’en passe et des meilleures !
A la fin de l’hiver dernier, un membre de G+ m’a renseigné sur un nouveau forum pour les fondus de gouttes. Sur ce forum j’ai pu trouver bon nombre d’informations et surtout le moyen de me fabriquer une machine à goutte à moindre coût avec quelques composants électroniques.
Le principe est de lâcher la goutte avec une petite vanne dont l’ouverture est commandée électroniquement. Grâce à ce petit bricolage, je peux enfin gérer la chute des gouttes, définir la taille, l’intervalle et la fréquence. Pour les liquides, j’utilise principalement de l’eau ou du lait avec des colorants alimentaires et au niveau de l’éclairage, j’utilise 4 flashs Yongnuo. Pour le reste, je récupère des tas de petits accessoires et je bricole pour obtenir ce dont j’ai rêvé.
La carte électronique qui permet de gérer la goutte tient dans une belle boite à tartines reçue gratis avec des pots de compote. Mon tout nouveau montage fabriqué le weekend dernier, il s'agit d'une structure légère en bois pour que je puisse accrocher des tas de trucs dessus avec mes petites pinces en plastique.
Parle-nous de ton parcours photographique, de tes influences.
Adolescente, je ne m’intéressais plus beaucoup à mes études scientifiques et à dix-sept ans j’ai suivi mon amoureux de l’époque dans une école de photographie. J’y ai passé trois années mémorables. Au fil du temps, ma pratique de la photographie s’est limitée aux photos de vacances et événements.
C’est à l’occasion de mon anniversaire, il y a quatre ou cinq ans que j’ai décidé de m’offrir un nouvel objectif. C’était un 85mm macro et à partir de ce jour, la passion est revenue, plus vive que jamais. Je passe énormément de temps à regarder le travail de divers photographes, à m’interroger sur leurs techniques de prise de vue, je suis convaincue que c’est la richesse de l’expérience des autres qui nous permet d’évoluer.
J’aime tout dans la photographie, certes je fais beaucoup de macro et de proxiphotographie. J’adore les fleurs et les insectes (ces derniers uniquement pour la photo), mais c’est à cause du côté pratique, car je peux faire cela dans mon jardin. J’adore la photographie animalière et les paysages ; la mer et la montagne sont mes lieux préférés pour capturer des images quand j’en ai l’occasion. 
Dans la catégorie photographie alpine je vous propose de découvrir le travail d’Alexandre Deschaumes, de Xavier Jamonet et de Jonathan Griffith.

Dans la communauté, à l’image de la société, les femmes sont sous-représentées chez les photographes, as-tu une explication ? Ton regard de femme influence t-il ton œil de photographe ?
Sans entrer dans un discours féministe, je pense qu’encore à notre époque les femmes sont sous-représentées dans toute sorte de métiers. Les femmes photographes sont peut-être méconnues, mais il y en a pas mal en activité et leur talent n’a franchement rien à envier à nombre de photographes masculins : Vivian Maier (que j’ai découvert grâce à l’interview d’Eric dans l’Oeil du photographe #1),  Sabine Weiss, Janine Nieppce (parente éloignée de Nicéphore, l’inventeur de la photographie), Bettina RheimsBrigitte LacombeSarah MartinetHélène Caillaud et Corrie White (ces deux dernières découvertes lors de mes recherches sur les gouttes).
Pour répondre à la deuxième partie de la question, je ne crois pas que mon regard de femme influence mon travail photographique, ou si c’est le cas, je ne m’en aperçois pas. Je pense que tout est une question de sensibilité, d’émotion, de caractère, d’humeur, mais pas de sexe. Je connais des hommes bien plus féminins que moi. Je suis un vrai garçon manqué, sans doute parce que j’ai grandi dans un environnement principalement masculin. Je travaille dans un domaine où l’on ne croise pas tellement de femmes (construction). Chez moi pareil, je suis la seule femme…
Pourrais-tu partager avec les autres membres de la communauté ton coup de coeur du moment...
This Wild Idea : Theron Humphrey vit en Caroline du nord. Il y a 3 ans, il a décidé de traverser sur une année entière 50 états pour aller à la rencontre des gens. Chaque jour, il a rencontré une nouvelle personne et il raconte leurs 365 histoires à travers la photographie . 
Il a fait la rencontre de Maddie, son chien, qui ne le quitte plus et qu’il met en scène en photo dans des situations improbables.
Merci beaucoup Valérie, une petite blague belge pour terminer ?..... Bon ok, on sort !
Bien non attendez, j’en ai une ! Est-ce que vous connaissez la blague du photographe belge ?  Elle n'est pas encore développée. Mouhahahaha !!!!
Ha ha, vive l’humour belge ! Merci vraiment Valérie, d'avoir pris le temps de partager avec nous ta passion pour la photographie et quelques-uns de tes petits secrets.

Vous pouvez poursuivre cette balade dans l’univers de Valérie Sangui sur :

Interview réalisée par : Evelyne Zeltner et Eric Gindre - novembre 2014